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_o_o__o_o___Chapitre o3
Il attendait le docteur dans son bureau, Tom était assis à côté de lui. Ses jambes tressautaient ce qui énervait Bill. Il tapa les cuisses de Tom pour lui faire comprendre d'arrêter. Tom le regarda et essaya de stopper ses jambes, il était tellement nerveux, peut être même plus que Bill, que ses jambes bougeaient instinctivement.
Pour faire cesser ce tic, Bill posa une main sur la cuisse droite de son frère et déposa un baiser sur ses lèvres. Il se sépara et lui sourit.
Les rôles semblaient s'être inversés, Bill essayait de calmer Tom, par n'importe quels moyens.
Bill secoua la tête
« Arrête de stresser, c'est mon rôle ça, » il rit un peu, faussement.
« J'essaye mais j'n'y arrive pas Bill... » Se plaignit Tom. Il n'arrivait pas penser à autre chose qu'à Bill. Bill qui était enceint, qui attendait un bébé,
son bébé. Et aujourd'hui, il ne savait pas à quoi il devait s'attendre.
Quelle révélation le Dr Montgomery allait-elle leur faire ?Lorsque la porte s'ouvrit enfin sur le docteur, Bill prit doucement la main de son frère. Il voulait se rassurer lui-même et son frère par la même occasion.
La rousse s'installa sur son fauteuil de cuir dos à la baie vitrée, posa un dossier sur le bureau et l'ouvrit. Elle lit un instant et regarda les jumeaux.
« Alors messieurs, d'après les résultats, tout semble en ordre. » Son habituel sourire s'installa sur son visage.
« Votre taux d'½strogène et évidemment plus bas que chez une femme, en ce cas, vous ne subirez pas les mêmes changements au niveau physique. Il se peut que vous ayez quelques petits symptômes, mais rien de très grave. En revanche il est assez élevé pour que votre utérus se soit formé et pour que vous ayez votre bébé. »Son air changea un peu, elle fronça les sourcils et enleva ses lunettes.
« En parlant du bébé, est-ce que vous voulez le garder ? » Elle posa un regard insistant sur Bill.
« Je – C'est-à-dire que... » Il resserra son emprise sur la main de son jumeau. Il tourna la tête vers lui et leurs yeux se rencontrèrent. Bill ne savait pas ce qu'il devait répondre, à vrai dire il n'avait jamais pensé à la possibilité d'interrompre sa grossesse.
« Je n'attends pas une réponse immédiate. » Elle sourit et remit ses lunettes et écrivit quelque chose sur les pages du dossier ouvert.
« Je vous laisse le temps de réfléchir, quand vous aurez pris votre décision appelez moi. » Ils discutèrent encore un instant et Tom demanda « Est-ce que... » Il hésita, ses joues rosirent légèrement. « Je me demandais si moi aussi je pouvais être comme Bill, si je pouvais être... enceint » Il hésita sur le dernier mot et baissa la tête.
« Sincèrement, je ne pourrais pas vous répondre » elle semblait réfléchir.
« mais si c'est génétique, il est possible que oui, je pense. »Tom acquiesça. Les jumeaux se levèrent, et saluèrent la femme rousse. Bill passa devant et se dirigea vers l'ascenseur. Tom traîna un peu, il fit rapidement demi-tour et entra dans le bureau de l'obstétricienne.
« Est-ce que je pourrais faire des tests pour savoir ? » Il avait parlé vite et retenait son souffle inconsciemment.
A son habitude, le Dr Montgomery sourit
« Revenez lundi prochain. »Il hocha la tête et ressortit de la pièce courant presque jusqu'à l'ascenseur et marcha rapidement dans le parking sous terrain où Bill l'attendait déjà près de sa grosse voiture noire.
Il ouvrit les portières et ils grimpèrent à l'intérieur.
« Pourquoi tu es retourné la voir ? » Demanda Bill. Il alluma l'autoradio et mit un CD en route, baissant le volume tout en attendant la réponse de Tom.
« Je vais passer des examens pour savoir, » souffla-t-il, Tom n'avait jamais vraiment su mentir à son frère et à cet instant il n'en avait surtout pas l'envie. Il mit en route la voiture, et il sortit du parking. Bill posa sa main sur la cuisse de Tom et détourna le regard sur les trottoirs au dehors. Il renifla. Il essuya ses larmes. Il ne savait même pas pourquoi il pleurait, ça lui faisait du bien.
Le ciel était bleu et le soleil tapait sur le par brise. Tom roulait silencieusement jusqu'à leur appartement situé dans la périphérie de Berlin. Le soleil était à son zénith, il y avait du monde sur les rues piétonnes de la ville. Tout était normal au dehors de la voiture. Les gens riaient, ils mangeaient tranquillement sur la terrasse des restaurants, les enfants sautillaient et jouaient dans les jeux pour enfants.
Tout était normal.
**
Mi-août...« Billou, Billou ! » Tom secouait son frère qui dormait paisiblement. « Réveille-toi...S'il te plait ! » Il tapota les bras de son frère et le secoua un peu plus fort.
« Mm » Grogna Bill. C'était une nuit d'hiver, le ciel était couvert de nuages, on ne distinguait pas les étoiles. Il faisait froid dans cette partie de l'Allemagne. Bill se retourna et vit la silhouette de son frère. « Qu'est qu'il y a ? » Marmonna-t-il.
Tom poussa une peu son frère et s'installa dans le lit avec lui « C'est maman et papa, ils arrêtent pas de crier. Ça me fait peur. » Un bruit de verre briser raisonna dans la maison, les jumeaux sursautèrent.
Ils restèrent silencieux pendant un moment, faisant attention au moindre bruit. Tom s'était blottit dans les bras de son frère. Puis, ils entendirent une fois de plus leur mère crier, la porte d'entrée claquer et plus aucun bruit. D'un commun accord, ils se levèrent et allèrent sur les marches de l'escalier voir ce qu'il se passait au rez-de-chaussée.
Ils descendirent quelques marchez et s'assirent sur l'une d'elles.
Leur maman était en bas, agenouillé devant la porte d'entrée et pleurait, elle pleurait doucement, ses épaules étaient secouées. Les jumeaux se regardèrent, Tom avait les larmes aux yeux, il n'aimait pas voir sa mère si triste.
Ils coururent jusqu'à elle et elle les embrassa, les serrant aussi fort qu'elle pouvait. Ils étaient encore petit, il ne comprenait pas ce qu'il se passait. Leur mère leur expliqua, leur donnant un chocolat chaud chacun confortablement installé dans le salon.
« Je te laisserait jamais Billou. Et je veux pas que tu me laisse tout seul, je veux pas être triste comme maman. » Tom avait dit à Bill lorsqu'ils remontaient les marches pour retrouver leur lits. « Tu n'me laisse pas, hein ? » Il avait soufflé ça en se couchant dans le lit de son frère.
Ils commençaient tous les deux à se rendormir, « Jamais. »
Et finalement, le temps avait voulu que Tom prenne son rôle de grand frère et petit à petit il s'était éloigné...Des coups frappés sur la porte de bois. Tom ouvrit la porte, un chocolat chaud dans les mains. Il leur restait une semaine de répit avant de reprendre du service : interview, concerts, photos...
Il posa la tasse sur la table de chevet et passa sa main dans les cheveux de Bill, celui-ci s'était assoupi devant une série américaine. Tom se rapprocha de son oreille
« Je t'ai apporté du chocolat chaud, » il s'assit à côté de Bill sur le lit et lui tendit la tasse encore fumante.
Bill s'assit à son tour, il frotta ses yeux et sourit. Il était tellement fatigué, que chaque moment de libre il le passait à sommeiller. Il prit la tasse et but une gorgée
« Merci. »« Dit Bill, tu as rappelé le médecin ? » Questionna Tom, changeant la chaîne de télévision. Bill secoua la tête et avala une autre gorgée.
« Tu devrais y penser, ça fait bientôt trois semaines. »Bill n'avait pas appelé pour la simple raison qu'il ne savait pas quoi faire. Il pensait à sa vie s'il avait le bébé. Tom serait heureux, certainement. Il voulait vraiment que Bill garde ce nourrisson qui grandissait en lui. Plus il attendait, et plus il grandissait ; ça l'effrayé réellement.
« Je l'appellerai, » affirma-t-il. Il regardait l'écran changer d'image, et vida sa tasse un peu plus. Il réfléchissait
« Je ne sais pas quoi lui dire. » Certes, ils auraient un bébé, mais que devenait leur carrière. Tous les efforts qu'ils avaient faits pour en arriver à là ? Il ne pouvait pas choisir, pas seul.
« Aide-moi Tom. »Le blond stoppa son zapping et le fixa. Il n'avait pas vraiment réalisé que lui aussi avait son mot à dire. Ces dernier temps il avait été surtout préoccupé par les résultats de ses examens, qui soit dit en passant s'avérèrent négatif.
Il passa une main sous le t-shirt de Bill, massant son estomac
« Tu sais, j'aime déjà ce bébé. » Avoua-t-il. Il regardait maintenant le ventre de Bill, sa main ne cessait les mouvements sur celui-ci.
« Je voudrai vraiment que tu le gardes. Ce serait notre bébé à nous, notre enfant. On aurait notre petite famille... J'aimerai que tu le gardes, c'est tout ce que je peux te dire Bill. »Bill soupira, il avait une sorte de n½ud dans son ventre. Il appréhendait son choix, face à un dilemme. Il avait l'impression que dans chacun des cas il allait perdre quelque chose d'important.
« Il y a peut être un moyen pour concilier les deux, non ? » Demanda Tom comme s'il lisait dans les pensées de Bill.
« Je n'sais pas. » « On devrait appeler Georg et Gustav. Ils t'aideront peut être, » Tom passait et repassait toujours sa main sur le ventre de Bill qui fermait les yeux, se détendant un peu sous les doigts de son frère.
« D'accord, » il s'allongea, attirant Tom avec lui et il se rendormit dans les bras de son frère après avoir reposé la tasse vide sur la table de chevet.
**
« Hé man, ça fait longtemps. Que me vaut cet honneur ? » Dit Georg, riant un peu au téléphone.
« Bill et moi devons vous parlez, est-ce que tu pourrais venir vers quatorze heures ? » Tom faisait les cents pas dans le salon, sous le regard du chanteur.
« Ok, mais c'est à propos de quoi ? La tournée ? »
« Il y a un peu de ça, mais c'n'est pas le plus important. » Il s'arrêta devant la télé, dos à Bill. Il tapotait ses doigts sur l'écran.
« J'suppose que j'en saurais pas plus maintenant, j'me trompe ? » Son ton n'était pas accusateur, loin de là. Il ajouta
« T'as appelé Gus' ? »
« Oui, je l'ai appelé juste avant de t'appeler. » Il se tourna vers Bill, qui n'était plus là, il se dirigea vers la cuisine et le vit mettre des pâtes dans l'eau bouillante.
« J'dois te laisser, on s'voit tout à l'heure ? »
« Oui t'inquiètes. »Il raccrocha et posa son portable sur le bar.
« Ils viennent tout les deux à quatorze heures, » il vit Bill se tendre et l'enlaça par derrière, posant sa tête sur son épaule.
« Tout se passera bien, t'inquiètes ! » Il lui embrassa le visage et s'écarta retournant dans le salon regarder la télé le temps que le plat soit prêt.
Ils mangeaient les pâtes en silence, le son de la télé encore allumée en bruit de fond. Bill se leva et jeta le reste de son assiette à la poubelle, étrangement il n'avait vraiment pas faim. Il s'installa devant la télé, dépliant le plaid sur ses jambes. Son ventre n'était plus aussi plat, il former juste une toute petite bosse, presque invisible. Mais lui, il le savait. Il serait bientôt trop tard pour un avortement, il le savait. Il l'avait lu sur le web. Il caressa son ventre et resta ainsi de longues minutes, quand Tom le rejoignit.
Il s'empara de la télécommande et changea le programme pour le mettre sur un jeu télévisé. Il regarda Bill un instant puis se concentra sur l'écran. Les heures défilaient lentement et ils s'assoupirent tous les deux. Bill s'était allongé, la tête sur les jambes de Tom, celui-ci la main plongée dans son t-shirt, sur son ventre.
Le bruit de la sonnette réveilla Tom, il regarda autour de lui ne sachant d'où venait le bruit quand on sonna une deuxième fois. Il enlevé doucement Bill de sur lui et se leva, les jambes engourdies et la nuque le tirant.
Il dévérouilla la serrure et ouvrit la porte
« T'as une sale tête mon vieux ! » Georg rit et Gustav lui donna un coup sur l'épaule.
« Merci Georg, vraiment gentil, » sourit Tom. Il se décala et les laissa entrer dans l'appartement.
Il referma la porte et entendit Georg rire suivit d'un grognement de sa part. Le guitariste entra dans le salon et sourit en voyant les cheveux de Bill en pagaille. Il s'approcha et lui aplatit un peu ses mèches rebelles. Il avait encore une tête endormie.
« Vous allez bien les Kaulitz ? » Demanda Gustav, s'asseyant dans un fauteuil près du canapé où Tom et Bill étaient assis.
« Assez, » Répondit Bill. Il ne voulait pas arriver au moment fatidique, il appréhendait légitimement la réaction de ses amis. Et bizarrement, il avait ce sentiment que peut être son frère allait le laissait tomber sur ce coup, pourtant il ne l'avait pas fait jusqu'à maintenant.
« Vous voulez quelque chose à boire ? » demanda gentiment le chanteur, retardant encore un peu plus le moment de vérité.
Il commençait à se lever quand Georg prit la parole
« Juste savoir pourquoi on est ici, c'est possible ? » Il sourit innocemment.
Bill s'éclaircit la gorge, ses mains devenaient moites et ses jambes flageolaient. Il se rassit lentement à sa place, s'aidant de l'accoudoir. Il passa discrètement une main sur son ventre pour peut être se donner du courage, ou au contraire l'effrayer un peu plus.
Le chanteur lança un regard à Tom qui lui admirait le plafond, y trouvant un soudain intérêt.
« Ok. C'est que... » Il ne savait vraiment pas quoi dire, il n'allait simplement pas leur dire directement. Mais il ne voulait pas passer par quatre chemins, allongeant un instant réellement honteux. Il laissa échapper un rire nerveux.
« Aidez-moi, merde ! Posez-moi des questions, je n'y arriverai pas sinon ! » S'emporta légèrement Bill, se reprenant quelques secondes après.
« Tu es toujours malade ? » Gustav avait posé cette question à tout hasard, ou pas. Bill n'avait cessé de le rembarrer sur ce fichu virus qui le fatiguait, le chanteur ne voulait juste pas aller voir un médecin et le batteur l'avait bien compris au bout de plusieurs jours.
« Non, » Bill baissa les yeux, et tritura ses doigts.
Gustav se réjouit
« Alors tu as enfin était voir un médecin ? »
« Oui, » Murmura Bill, les yeux fixés sur le tapis noir sous la table basse.
« Tu étais donc bien malade, hein ? »
« Pas vraiment... » Le moment approchait et Bill le sentait poindre son nez.
« Et ? » Continua Gustav qui s'était redressé sur son fauteuil un sourire vainqueur aux lèvres.
Bill prit une profonde inspiration et tenta de relever les yeux. Mauvaise idée. Georg, Gustav et Tom le regardaient. Il sentait vraiment mal à l'aise, il avait cette impression d'étouffement.
« Je – En fait... Je n'ai jamais étais malade, » avoua-t-il.
Georg fronça les sourcils et Gustav resta perplexe.
Toute la journée, Tom avait été distant, et maintenant Bill le remarquait. Au moment où il voulait le plus de son soutien, son frère semblait rester impassible, comme imperturbable face à l'attitude du chanteur.
« Continue, » Encouragea doucement Georg, hochant la tête. Il avait toujours eu ce don de percevoir des choses cachées à propos des personnes avec qui il parlait. En l'occurrence Bill.
« Je suis- » Il ne pouvait pas, non. C'était au dessus de ses forces. Il recommençait à vouloir pleurer sa honte, sa haine, sa peur. Mais il faisait de son mieux pour gardait ses larmes et ne pas les laisser couler.
Un silence pesant s'installa dans la pièce. Seule la respiration forte de Bill coupait un peu ce calme.
Sans que personne ne le voit venir, Tom prit la parole.
« D'après les médecins, Bill serait enceint. Tu vois Gustav, ce n'est pas une maladie, » finit-il sarcastiquement.
Bill regarda son frère d'un air dégouté. Le ton qu'il avait prit n'était pas vraiment celui escompté. Il le voyait sourire bêtement devant leurs amis qui restaient incrédule. La façon dont Tom avait avoué la chose n'était pas des plus plaisantes, et la fin de sa réplique il aurait pu juste l'éviter, son ton sarcastique était fortement déplaisant.
Les larmes que retenait violemment Bill, s'échappèrent quand Tom eut ouvert la bouche. Il se replia sur le sofa, ramenant ses genoux à son torse, les enserrant de ses bras et sanglota. Il ne pouvait juste pas croire que Tom lui avait fait ça au moment où il avait le plus besoin de son soutien. Il lui avait dit qu'il l'aiderait, Bill ne le croyait plus maintenant. Pourtant, il avait eu l'air si sincère regardant Bill droit dans les yeux.
Georg tenta de parler
« Il – Je – Vraiment ? » Ses yeux ne pouvaient de détacher du corps sanglotant de Bill.
« Vraiment, » confirma Tom, comme s'il ne voyait pas son frère. Il essaya de poser une main sur un genou de Bill, mais le chanteur le repoussa violemment.
Bill releva la tête. Non, il ne pleurait plus. Ses larmes avaient laissé place à sa colère, il hurla
« Comment oses-tu remettre ta main sur moi après ce que tu viens de dire ? Tu te rends compte de la manière dont tu l'as faite ? Je voulais juste que tu m'aides, mais non, non il a fallut que ce Tom que je hais remonte à la surface ! » Il se tut un instant. Il se leva et respira fortement ses yeux imprégnés dans ceux de son jumeau
« Juste la présence de quelques amis peut te faire l'effet de m'ignorer... Je hais ce Tom, je te hais ! » Il se tourna ensuite vers ses amis et remonta son t-shirt, juste assez pour montrer son ventre
« Vous voyez, dans ce putain de ventre, grandit un putain de bébé. Maintenant vous savez, » il rabaissa fermement son haut et se dirigea vers sa chambre prenant un grand soin pour claquer la porte.
Rien ne s'était passé comme il l'avait imaginé. Encore moins le comportement de Tom. Il frappa rageusement un des murs et s'allongea sur son lit, le visage ruisselant de larmes enfouit dans son oreiller. Il voulait crier à s'en rompre les cordes vocales, juste pour faire sortit une part de douleur.
**
Il était près de quatre heure de l'après midi. Bill dormait, d'un sommeil léger mais reposant. Pendant cet instant, il oubliait sa vie, le bébé, sa carrière, tout. Il oubliait Tom. Et ces moments étaient rares, car même en rêve il voyait son frère, le gentil Tom affectueux, et non ce connard de frère qui pouvait l'ignorer quand ils étaient avec d'autres personnes ou qui ne le protégeait plus.
Quelqu'un frappa à la porte de sa chambre, mais il n'entendit pas. Un petit courant d'air entra dans la pièce et fit virevolter les cheveux du jeune homme assoupi. Quelques mèches lui chatouiller les nez et il éternua, il ouvrit enfin les yeux et remarqua la présence de Georg.
« Hey, » la voix de Bill était un peu enrouée, il s'assit sur le lit et invita Georg à faire de même.
La porte se referma derrière le bassiste qui s'approcha doucement du matelas et s'assit à côté de Bill.
« Je suis désolé Bill, » souffla-t-il, secouant sa tête.
« Je n'suis pas sûr que ça soit à toi de t'excuser, » répondit froidement Bill. Il ne voulait pas employer ce ton, mais il n'avait pas pu se contrôler.
« Désolé, » il baissa la tête et soupira.
« C'est vraiment bizarre, hein ? Surtout pour toi, enfin... Tu sais, » Georg hésitait sur les mots à adopter. Autant il arrivait résoudre un problème, autant celui-ci, qui n'en était pas vraiment un, il n'arrivait pas le résoudre. Comment allaient-ils s'y prendre pour l'annoncer à David ? Si ce n'est pas déjà fait. Et si Bill ne lui avait pas encore dit, le bassiste était déterminé à l'aider à affronter leur manager. Puis, vu la méthode moyennement potable qu'avait prit Tom, Georg préférait être là pour Bill.
« Tu dois me voir comme un monstre maintenant, » ses doigts manucurés de la veille tapotaient sur ses cuisses nerveusement.
« Tu n'es pas un monstre Bill, je ne m'y attendais juste pas. Mais tu n'es pas un monstre, » assura le musicien.
« Mais tu n'es pas gay ? Enfin, tu ne nous l'as jamais dis, ni insinué. » « Je ne le suis pas, » déclara Bill. Il ne s'était jamais véritablement posé cette question, il aimait Tom, juste lui. Il couchait avec Tom, juste avec lui.
« Qui est le père, Bill ? »
« Je n'peux pas te le dire. »Georg fronça les sourcils
« Est-ce que c'est Andreas ? »Bill sursauta et rit un peu
« Non, vraiment pas ! »
« Est-ce que tu te fous te moi ? » demanda faussement vexé Georg, qui souriait un peu malgré lui, content de voir le jeune chanteur rire un peu, même si c'était pour se moquer de lui.
« Je n'oserai jamais. Tu me connais, » Il rit un peu plus devant la tête de Georg. Le sourire sur son visage avait disparu pour laisser place un visage étonné, vraiment. Puis il rit avec Bill même s'il ne savait pas vraiment pourquoi il riait. Et leurs rires se transforma en fous rires, ils n'arrivaient plus s'arrêter. C'était leur façon d'évacuer un peu.
« Pourquoi tout ce bruit ? » Les deux personnes hilares levèrent leurs yeux vers Gustav qui souriait. Il entra dans la pièce et s'installa sur le lit avec ses deux amis.
« Je peux savoir pourquoi vous riez comme des phoques ? » Georg tenta de parler
« Je – Je n'sais pas, mais, mais, » Et il repartit dans son fou rire avec Bill qui en pleurait.
Le petit blond secoua la tête et sourit un peu plus. Il attendit un peu qu'ils se calment et doucement la tranquillité revint dans la chambre. Bill regarda autour de lui, il ne manquait plus que son frère. Il y pensait encore, Tom était imprégné partout dans son esprit, dans sa tête, dans son c½ur aussi.
« Où est Tom ? »
« Sorti fumer une cigarette, » répondit Gustav. Bill couina. Qu'est-ce qu'il aurait donné pour pouvoir en prendre rien qu'une bouffée. Tom avait au moins eu la décence de sortir pour ne pas que Bill inhale de la fumée.
« Les joies de la grossesse commence mon gars ! » Lança Georg, lui donnant une claque amicale sur l'omoplate.
« Mais est-ce que tu vas le garder ? » s'inquiéta Gustav. Il avait de suite pensé au groupe, si Bill gardait le bébé, comment est-ce qu'ils gèreraient les tournées, les promos, leurs carrières à tous ?
« C'est justement pour ça que vous êtes là, » dit Bill.
« Je ne peux pas faire ce choix. Si je choisi de le garder, notre carrière sera certainement fini et je ne veux pas que notre rêve s'arrête maintenant que tout va bien. Et si je décide d'avorter- » Il se stoppa avant d'en dire trop et d'avouer que cet enfant était aussi celui de Tom.
Georg semblait réfléchir. Un nouveau problème à résoudre, bien au-delà de tout ce qu'il avait pu rencontrer jusqu'à aujourd'hui. Mais il avait assez confiance en lui pour savoir qu'il allait trouver une solution pour que Bill n'ait pas à choisir. Il croisa ses bras sur son torse et essaya de trouver une possibilité pour ne renoncer à aucunes de ces deux choses.
« Tu en as parlé à Dave ? » Bill regarda Gustav. David, il n'y avait pas pensé, et puis sa mère aussi. Comment allaient-ils prendre la nouvelle ? Il secoua la tête pour répondre à la question et pensa. Pour la première fois il s'imaginait une confrontation avec sa mère. Elle allait surement pleurer, c'était certain.
Georg releva la tête, certes il n'avait pas encore trouvé de moyen pour aider Bill mais il arriverait à trouver.
« Je sais que tu peux le faire Bill, » c'était comme s'il avait lu à cet instant dans les pensés de Bill.
Le chanteur sourit et acquiesça.
« Au fait, » commença Gustav. Il lança un regard à Georg et dire en ch½ur
« Félicitation ! »Et ils sautèrent doucement sur Bill, riant. Ils étaient heureux pour lui, et Bill versa quelques larmes. Ses amis ne le rejetaient pas et c'était déjà beaucoup pour lui. Il pleurait et souriait. Ils se séparèrent et Gustav essuya le visage mouillé de Bill et rit doucement. Ça lui faisait vraiment plaisir de le voir pleurer de joie.
**
« Qu'est-ce qu'il y a encore Tom ? » soupira Bill, alors qu'il essayait pour la troisième fois de retourner dans sa chambre manger tranquillement son paquet de gâteau à la framboise et ses kiwis. Il se retourna et fit face à Tom de l'autre côté du bar, dans la cuisine.
« Je- Tu sais tout pour tout à l'heure- »
« Non ne dit surtout rien, » le coupa Bill sèchement.
« Je ne veux pas t'entendre, ok ? Quand je ne serais plus énervé contre toi je viendrai te voir. » Enfin, il partit s'enfermer dans sa chambre devant son ordinateur portable à faire des recherches sur les grossesses, tout en mangeant ses provisions.
Il engouffra quelques gâteaux, et prit son téléphone portable. Il regardait alternativement l'écran d'ordinateur et celui de son cellulaire. Il était temps d'appeler sa mère, non ? Bill reste là son portable dans la main, de la nourriture dans l'autre.
Le dernier kiwi était déjà dans son estomac quand il reposa son cellulaire et éteignit son ordinateur. Il ne pouvait pas appeler sa mère maintenant, pas tant qu'il était toujours en froid avec Tom. Cela faisait près de deux heures qu'il se demandait s'il devait prévenir sa mère de sa grossesse. Mais il ne savait vraiment pas comment si prendre, il ne pouvait naturellement pas lui annoncer ça par téléphone, c'était vraiment trop simple.
Il s'allongea confortablement dans son lit, vêtu d'un unique boxer. Sa main se posa sur son estomac et Bill le massa lentement, souriant. La visite de Georg et Gustav n'avait pas été une si mauvaise chose, au contraire. Ils avaient accepté et même félicité ; Bill se sentait plus léger. Il ferma les yeux et s'endormit rapidement, un sourire aux lèvres et sa main sur son ventre.
**
Le soleil se levait lentement sur la ville, il était seulement cinq heures du matin. Tom n'avait pas dormit de la nuit, il se sentait mal par rapport à Bill et n'avait pas ou fermer l'½il sans se sentir coupable. Au moment où il avait eu le plus besoin de lui, Tom s'était défilé et l'avait laissé tomber.
Il s'allongea sur le canapé, regardant des dessins animés pour enfant. Il remonta le plaid jusqu'à son nez et ne bougea plus.
Bill se leva vers les dix heures, son ventre criant famine. Il se dirigea gaiment vers la cuisine et se prépara un bon petit déjeuner. Il sifflait un air de Nena en sortant un pot de confiture de framboise. Il avait envie de framboise sous n'importe quelle forme, il prit des biscottes et mangea tranquillement, buvant son lait froid.
Il attrapa une biscotte sans confiture et sautilla jusqu'au salon. Il sursauta en voyant Tom, les yeux à demi ouvert, fixant l'écran de télévision. Bill voulait juste allumer la télé pour faire un bruit de fond, il n'avait pas entendue qu'elle l'était tellement le son était bas.
« Pourquoi es-tu là ? » demanda Bill, il prit la télécommande et éteignit finalement la télé. Contradiction avec ce qu'il voulait faire.
« Arrive pas dormir, » grogna Tom levant les yeux sur Bill.
Le chanteur eu un haut le c½ur, ce qui écourta les explications, il laissa tomber sa biscotte sur le sol et courut au dessus de la cuvette des toilettes. Tout son petit déjeuner y passa. Et même si Tom et lui était en froid, son frère était venu lui retenir ses cheveux et lui masser le ventre.
Bill se rassit à côté des toilettes et tira la chasse. Ses yeux étaient fermés. Tom lui massait toujours le ventre, espérant calmer la douleur. Bill le laissa faire et apprécia le contact de la main de son frère. Il ouvra finalement les yeux.
« Merci, » chuchota-t-il se relevant et se lavant les dents pour faire partir ce goût désagréable. Il n'avait pas vomit depuis un moment déjà, et c'était loin de lui manquer.
« Tu sais Bill, je suis désolé... Je le suis vraiment, » il regarda son petit frère dans le miroir. Bill secoua la tête et soupira.
« Je ne sais pas si je peux te pardonner Tom. J'avais besoin de toi et tu n'as fait que me rabaisser, » souffla-t-il faisant face à Tom.
Le sentiment de culpabilité de Tom grandit un peu plus, et son estomac se tordit. Il avait l'impression qu'on lui planté un pieux dans le c½ur. Pourquoi n'arrivait-il simplement pas redevenir le Tom que Bill aime tant ?
« Je ne te demande pas de me pardonner, juste de me parler. »Bill s'approcha de son frère et passa ses bras autour de son coup. Il lui embrassa le cou.
« Je t'en pris Tomi, ne me refais plus ça. Je te déteste tellement dans ces moments là, » dit-il.
Tom ne répondit pas, mais serra étroitement son frère contre lui. Ses mains montaient et descendaient le long de sa colonne. Il s'écarta un peu de Bill et embrassa ses lèvres. D'abord doucement et gentiment, juste en surface. Puis le baiser se fit plus profond et leurs langues se caressèrent. Ils soupirèrent. Le baiser dura quelques minutes, apaisant Bill et rassurant Tom.
Ils restèrent enlacés au milieu de la salle de bain pendant un long moment.